Comment le juge Evasio Massignani transforme une juste cause en victimasses

Ça doit être difficile d'être juge. À moins de se prendre pour Dieu et de prétendre tout savoir, il faut se contenter de preuves biaisées ou incomplètes, de témoignages contradictoires, etc.

C'est pour ça qu'il y a des règles en droit criminel, comme le bénéfice du doute, qui protègent les accusés contre les erreurs de jugement.

code criminel canadien (pdf 1.4mb)


La théorie et la pratique

Dans mon procès, ces règles n'ont pas été respectées, loin s'en faut.  Le juge Evasio Massignani m'a condamné pour violence conjugale le 16 novembre 2005, après un procès qui a duré 2 ans et demie. En base à de la "crédibilité", sans enquête de police sur le terrain, en base à une "trame de fond psychologique" à sens unique qui aurait permis supposément au juge de savoir qui ment et qui dit la vérité.

  verdict du juge Evasio Massignani  16 novembre 2005 (pdf 190k)

J'aime pas le juge Evasio Massignani

Ça m'a fâché. D'autant plus que je n'ai pas commis les gestes dont on m'a accusé. D'autant plus que j'ai trouvé le juge Evasio Massignani antipathique à première vue: une gueule de bouledogue, les cheveux teints en rousseâtre... pas le genre de gars que j'aimerais pour voisin. Encore moins le genre de gars à qui je donnerais plein pouvoir pour briser des vies.

Alors je suis allé sur le web pour voir si le juge Evasio Massignani avait sévi dans d'autres procès.

Il n'y a pas grand-chose sur ce juge. Il est beaucoup moins médiatisé que certains de ses collègues québecois. Il apparaît dans un comité (un groupe de travail), dans une firme de Saint-Jean sur Richelieu (mais est-ce bien le même ? )

voir fiche sur thompson legal (dernière consultation le 21 septembre 2005)

Mais son nom apparaît dans un procès qui a fait du bruit. Voyez plutôt.

Le juge Evasio Massignani et son heure de gloire

Le juge a eu une heure de gloire relativement à un procès qui a fait du bruit, au niveau de Montreal, s'entend. Le 26 avril 2002, plusieurs centaines de manifestants anti-mondialisation se sont fait arrêter "à titre préventif" par la police de Montreal (SPCUM).

Embarqués, fouillés, puis relâchés, après que la police ait collecté des "preuves" qui montraient après coup que leurs intentions n'étaient pas pacifiques:  objets à lancer, cocktails Molotov, et une arme de poing. 115 manifestants ont été poursuivis en justice.

Le 23 septembre 2004, le juge rejette toutes les accusations contre les prévenus. Il n'aurait pas accepté en preuve les objets saisis par la police, disant que rien ne prouvait qu'ils avaient été saisis sur les manifestants.

Voici la relation des événements, et de la suite, par la ligue des droits de l'homme le 24 septembre 2004 (copie locale pdf 75k)

Voici une autre narration qui cite les commentaires de la presse grand-public québecoise - la tribu du verbe 28 septembre 2004 (copie locale)

Bon sang, mais c'est bien sûr!

J'ai alors compris le jugement d'Evasio Massignani. Il a appliqué la même recette dans mon procès, avec moi dans le rôle de la police, et triplement, qui plus est. Tout d'abord, j'ai apporté des preuves matérielles pour endiguer les torrents de mensonges des soi-disant victimes, photos, etc. Le juge a refusé les preuves de la police dans l'histoire d'avril 2002. Et dans mon cas, il n'a pas tenu compte de preuves matérielles, photos, impossibilités physiques etc.

 Il se substitue à la police et préfère juger en base à sa profonde-connaissance-de-l'être-humain qu'en utilisant des preuves objectives qu'il soupçonne d'être trafiquées.

Vous ai-je déjà raconté qu'un con avec de l'expérience, c'est comme un banc public qui a vu des milliers de culs sans en caresser un seul?

Second point où il m'a assimilé à la police, c'est qu'il croit que j'ai fait - au mieux -  de la violence préventive (pour ne pas que Leopoldo prenne de coups, pour me défaire de Mirva Fernandez). Tout comme la police dans cette affaire de manifestants.

Ça explique le jeu de la procureure de la couronne Myrtho Adrien qui a martelé cette version, sans avoir peur de mentir, tricher, déformer mon témoignage. Mais le juge n'avait pas besoin d'elle pour "comprendre la situation"

Troisième point: j'ai le physique du méchant, cheveux très courts et sale gueule. C'est certain que le juge Evasio Massignani a du voir bien des flics avec cette gueule là (croit-il, les ressemblances sont trompeuses).

Soyons objectifs. Moi non plus j'aime pas son look. Quand j'ai vu le juge avec ses cheveux teints, j'ai pensé qu'il avait une gueule de vieux vicieux.

Une Noble Cause, tout de même...

Quand même, c'est un dilemme. Faut reconnaître que des manifestants anti-mondialisation ont toute ma sympathie. Et que les interventions "préventives" de la police, non. Ça fait un peu trop société totalitaire, manquerait plus qu'on détecte le gène-de-la-rébellion chez les bébés et qu'on leur donne du Ritalin à titre préventif.

Yeark. Vu mes sympathies politiques, je suis obligé de reconnaître que le juge Evasio Massignani a bien fait.

Alors, pour un moment, je me suis mis à cogiter, sur le bien public, sur la petite bavure que constitue ma condamnation injuste, qui, en comparaison d'un noble geste, ne pèse pas grand-chose. Pourquoi, pourquoi en vouloir à ce juge au point de publier ses inepties sur internet ?

J'ai tout de même continuer à creuser. J'étais arrivé trop loin pour faire marche arrière. Et quand j'ai lu la suite, j'ai carrément rigolé et tous mes doutes ont disparu. Voyez ce qui suit.


Mais la Noble Cause se transforma en victimasses

Que sont devenus les acquittés ? Ont-ils continué leur noble combat contre les Mauvaises Formes de Mondialisation, contre les Sociétés Totalitaires, contre les Dictatures Judiciaires ? Vous avez la réponse: c'est non.

Ces manifestants innocents se sont transformés en victimasses, qui poursuivraient la Ville de Montreal pour un montant de 16 millions de dollars. 115 prévenus qui eux ont été acquittés. Plus certaines personnes qui n'ont même pas été accusées.

Voir copie article dans le journal de Montreal 18 août 2007 (copie locale) chercher texte "recours collectif contre la police".

Victimasse: une personne qui se pose en victime et utilise le système judiciaire comme une arme pour se venger d'un supposé oppresseur ou obtenir des avantages matériels.

Disons que ces manifestants n'ont plus ma sympathie. Plus du tout. Matérialistes, Victimistes, Profiteurs (c'est le contribuable qui paiera), et Collaborateurs de la Dictature Judiciaire, ... manquerait plus qu'il mettent une plainte devant un organisme mondialiste, ONU, UNESCO, ou Cour Internationale de La Haye.

Comme quoi, en victimacie, tout termine en procès juteux.

...grâce au juge Evasio Massignani et à ses semblables

Prenons du recul. Le juge Evasio Massignani n'a pas défendu de pauvres personnes vulnérables: il a défendu des gens qui se sont transformés en victimasses. Et si ces gens se sont transformés en victimasses, c'est qu'on est en victimacie, c'est à dire en dictature judiciaire.

En fait, le jugement de Evasio Massignani ne défend pas les libertés des gens: ce n'est qu'un épisode de plus de la guerre de pouvoir entre les juges et la police. Que les juges sont en train de gagner haut la main.

Les flics, c'est des flics. Ni plus, ni moins.

Aujourd'hui, la véritable nuisance, le véritable danger, ce sont les juges. Comme Evasio Massignani.